Affaire Monjib: Le Maroc s’enfonce dans l’arbitraire
Cela fait un mois, depuis le 29 décembre 2020, que le Professeur Maati Monjib, universitaire, journaliste et militant des droits humains est emprisonné arbitrairement au Maroc !
Ses avocats au Maroc et les comités de soutien ont relevé tous les vices de procédure de cette affaire : arrestation sans mandat d’arrêt, refus de donner une copie du dossier aux avocats ou à Maâti Monjib, placés dans l’incapacité d’assurer sa défense et d’avoir un procès équitable.
Mais voila que la justice marocaine franchi encore un pas dans l’arbitraire ! Dans le même Tribunal de première instance de Rabat, où le Professeur Monjib et ses avocats étaient présents pour une audition dans l’affaire liée à son arrestation, s’est déroulée une autre audience dont M. Monjib et ses défenseurs n’ont même pas été informés. Et c’est ainsi qu’a été rendu un verdict infâme de condamnation à un an de prison ferme contre Maati Monjib, et contre les journalistes Hisham Mansouri, Abdessamad Ait Aisha et Hisham Kharbishi ; tous accusés d’ « atteinte à la sécurité intérieure de l’État et d’escroquerie ».
Rappelons que cette affaire traîne depuis 5 ans et a été vingt fois reportée en présence d’observateurs internationaux, sans que jamais la défense n’ait eu l’occasion de donner ses arguments et d’avoir un débat contradictoire. Une condamnation sans procès c’est une première : La justice marocaine aux ordres ne cherche même plus à sauver les apparences.
Les Comités de soutien France, et Canada, soutenus notamment par l’ONG Reporters, sans Frontières dénoncent cette atteinte grave aux droit humains commise par les autorités marocaines, en contradiction avec son discours et ses engagements internationaux, et demandent la libération immédiate de Maati Monjib, Souleiman Raissouni, Omar Radi, et de tous les journalistes prisonniers politiques au Maroc.
Le comité de soutien en France a confié au Cabinet de Maître William Bourdon la mission d’appuyer la défense au Maroc, et d’engager des procédures en France et au niveau international contre ces graves violations des droits fondamentaux.
Il appelle les autorités françaises, le président de la République et le gouvernement, à condamner sans équivoque ces violations évidentes des droits humains par le Maroc et à exiger la libération immédiate de Maati Monjib et ses collègues et l’abandon des poursuites contre eux.